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Qualité et protection des ressources en eau : une introduction

De Wiklimat

Sommaire

Les pressions sur la ressource en eau


Les ressources en eau disponible sont en quantité limité et s 'amenuisent en raison des activités humaines: croissance démographique, urbanisation, augmentation du niveau de vie. Le changement climatique et les variations de conditions naturelles aggravent ces pressions. Or l'eau est un élément vital pour l'homme et les écosystèmes, la préservation de la qualité et de la quantité de la ressource en eau est un enjeux essentiel. Ces dix dernières années, il semblerait que la population et les autorités aient pris conscience de la nécessité de mieux gérer et de protéger l'eau, cependant les considérations économiques et politiques ont toujours tendance à déterminer la politique de l'eau.
De manière générale, on distingue les ressources en eau superficielles et les ressources en eau souterraines, bien qu'en fait elles soient étroitement liées.

Les différentes formes de ressources disponibles

97,5% de l'eau sur Terre se trouve dans les océans et l'eau douce ne représente que 2,5% de la quantité totale. Cette eau douce se trouve principalement dans les glaciers (68,7%) et dans les nappes phréatiques (30,1%). Les eaux de surface et l'atmosphère ne représentent que 0,4% de l'eau douce terrestre.


Les précipitations

Les précipitations jouent un rôle majeur dans le renouvellement des ressources. En fonction des conditions locales (climatique, biodiversité, relief...) les précipitations peuvent alimenter les rivières, reconstituer les nappes phréatiques ou retourner dans l'atmosphère par évapotranspiration. La quantité de pluie qui tombe sur un territoire peut être très variable d'une année à l'autre et d'une région à l'autre. En France métropolitaine, le bilan annuel moyen total des ressources en eau s'élève à 168 milliards de m3. La qualité des eaux météoriques est également très variable d'une région à l'autre (Activités anthropiques, climat, relief...)


Les eaux superficielles

Les eaux de surface comprennent les eaux courantes (rivières, canaux...) et les eaux stagnantes (lacs, retenues de barrage, zones humides...). En France, on dénombre un linéaire de 525 000km de cours d'eau supérieur à 1km et 34 000 plans d'eau douce dont 535 ont une superficie supérieure à 50ha.


Les eaux souterraines

Il existe plusieurs types de nappes: les nappes alluviales, directement en relation avec le cours d'eau, les grandes nappes des formations sédimentaires (calcaires, craie, sable), les nappes de roches dures fissurées (granite, roches volcaniques...), et les aquifères karstiques (calcaires dissout comportant des vides de grande taille).
L'eau des nappes phréatiques est généralement de bonne qualité et est principalement extraite pour la production d'eau potable. Cette ressource est considérée comme renouvelable si la nappe n'est pas vidée plus rapidement que la nature ne lui permet de se reconstituer.


Les glaciers

Les glaciers est une ressource en eau potentielle qui, en fonction des saisons, alimente les cours d'eau. Cependant, beaucoup de glacier s'amenuisent et cette ressource tend à disparaître.


La qualité et protection de la ressource


Les eaux de surfaces

La Directive Cadre sur l'Eau (DCE) du 23 octobre 2000 (directive intégralelivret de communication de la DCE) adoptée par le Conseil et par le Parlement européen définit un cadre pour la gestion et la protection des eaux par grand bassin hydrographique à l'échelle européenne. Elle fixe des objectifs ambitieux pour la préservation et la restauration des masses d'eau (superficielles douces et côtières, souterraines), à savoir l'atteinte d'ici 2015 un bon état chimique et écologique. Une eau en bon état est « une eau qui permet une vie animale et végétale riche et variée, une eau exempte de produits toxiques, une eau disponible en quantité suffisante pour satisfaire tous les usages ».
La DCE organise la gestion de l'eau en France et est déclinée en document de planification pour chaque « bassin » pour la France métropolitaine et d’outre-mer (12 documents au total): ce sont les Schémas Directeurs de Gestion et d’Aménagement des Eaux (SDAGE). Ces documents sont eux même décliner en actions appelées « programmes de mesures » (PDM).
En France s'applique également un certain nombre de directives plus spécifiques, comme celles relatives à la potabilité des eaux distribuées, aux eaux de baignade, aux eaux résiduaires urbaines et aux nitrates d’origine agricole.
Depuis la convention de Ramsar (label international qui récompense et valorise les actions de gestion durable des zones humides) de 1971, la protection des zones humides revêt un intérêt croissant. Depuis 2010 un plan d’action national en faveur des zones humides a été lancé.
Après un constat alarmant indiquant que 21% des rivières et 40% des nappes souterraines étaient en mauvais état chimique sur les paramètres de la DCE, le MEDDTL a lancé un plan national d’action pour la période 2010-2013 contre la pollution des milieux aquatiques par les micropolluants. L'objectif est d'améliorer les programmes de surveillance des milieux et des rejets, de réduire les émissions des micropolluants les plus préoccupants en agissant à la source, et de renforcer la veille prospective relative aux contaminations émergentes.
À la suite du Grenelle de l’environnement, le Ministère de l'agriculture a lancé le plan Ecophyto 2018 (cf. Plan et Fiches-actions) qui vise à réduire de 50 % l’usage des pesticides au niveau national dans un délai de dix ans (si possible).
Pour plus d'information sur la lutte contre les pollutions : site du MEDDTL

Les enjeux associés à la protection des eaux souterraines

Pour plusieurs raisons, la protection des eaux souterraines constitue une priorité de la politique environnementale française et européenne. En effet, les eaux souterraines constitue la principale ressource en eau potable pour la consommation humaine, pour l'agriculture et l'industrie, et sa pollution pourrait entrainer de grave problèmes économiques et de santé publique (350 millions de m3 d’eau sont prélevés en moyenne par an, dont 95 % proviennent des nappes). De plus, une fois contaminées il est très difficile de ramener la nappe à sa qualité initiale. Elles ont également un rôle majeur dans les écoulements hydrauliques puisqu'elles peuvent représenter jusqu'à 90 % du débit de certains cours d'eau et influencer leur qualité.
En complément de la DCE, le Parlement Européen et le Conseil ont adopté, le 12 décembre 2006, une nouvelle directive (2006/118/CE) visant à protéger les eaux souterraines de tout type de pollution ou de détérioration.


L'eau potable

En France, l’eau potable est soumise au Code de la Santé Publique. La qualité de l’eau distribuée au robinet du consommateur dépend d’une part de la qualité de l’eau de la rivière ou de la nappe souterraine dans laquelle l’eau est prélevée, d’autre part des traitements effectués après le prélèvement. Il est donc nécessaire de préserver la qualité de la ressource en amont du prélèvement afin de réduire le degré de traitement nécessaire pour sa potabilisation.
La qualité des eaux souterraines et sa minéralisation est fonction de:

  • la nature de la roche qui compose l'aquifère,
  • du type de circulation des eaux au sein de la masse rocheuse,
  • du temps de contact avec les minéraux,
  • du renouvellement de l'eau dans le réservoir par les apports d'eau météorique
  • des activités anthropiques et des pollutions émises en surface (agriculture, infrastructures de transport, industries, etc.).

Les eaux de surfaces étant très vulnérables aux pollutions, les captages dans ce type de ressource sont d'autant plus sensibles aux activités anthropiques. Afin de réduire à minima l'impact de ce dernier point sur la qualité de l'eau la législation a défini des périmètres de protection des captages. D'autre part la qualité de l'eau de distribution est assurée par de nombreux contrôles effectués tout au long de la chaîne de production d’eau potable : au point de captage, à la station de traitement, au niveau des réseaux de distribution...
Les résultats du contrôle sanitaire de la qualité de l’eau potable pour chaque commune française sont disponibles sur le site du Ministère de la santé.


Les périmètres de captage, principaux outils de protection de la ressource

Depuis la loi sur l'eau et des milieux aquatiques du 3 janvier 1992, la mise en place des périmètres de protection des captages est obligatoire afin de prévenir la pollution ponctuelle ou accidentelle de ces derniers. Il sont définis aux articlesL.1321-2 et R.1321-13 du Code de la santé publique. Le premier Plan national santé environnement (PNSE) 2004-2008, est également venu renforcer ces textes, puisqu'il qui prévoyait que l’ensemble des captages d’eau destinée à la consommation humaine soit protégé d’ici 2010.
D'autre part l’engagement 101 du Grenelle de l’environnement, pris en 2006 par le gouvernement, a conduit à définir 507 captages « Grenelle » (cf. liste et carte des captages sur le site du Ministère de la Santé) parmi les plus menacés vis-à-vis des pollutions diffuses d’origine agricole (nitrates et pesticides). Ils ont été sélectionnés selon trois critères : l’état de la ressource vis-à-vis des pollutions par les nitrates ou les pesticides ; le caractère stratégique de la ressource au vu de la population desservie, la volonté de reconquérir certains captages abandonnés. Un dispositif de protection particulier, celui des « zones soumises aux contraintes environnementales » (ZSCE), issu de l’article 21 de la loi sur l’eau, sera appliqué aux « captages Grenelle ». S'en suivront alors des programmes d’action agricole sur l’ensemble des aires d’alimentation de ces captages d'ici à 2012.

Les ressources alternatives

La pression sur la ressource en eau conduit à faire appel à des ressources dites alternatives. Ainsi partout dans le monde, on voit se développer de nouvelles techniques et de nouveaux usages des eaux.
L'eau de pluie est recueillie depuis des milliers d'années dans de nombreuses régions du monde. Les usages qui en sont fait sont cependant assez variés. Lorsqu'en France on restreint les surfaces de collecte (toitures uniquement) et les usages de ces eaux, à l'étranger, la pratique de la récupération et de l'utilisation des eaux de pluie est beaucoup plus répandue (récupération des eaux de chaussée, utilisation dans les lave-linges, eau de boisson...).
D'autre part on réfléchi de plus en plus à utiliser les eaux de pluie ou les eaux de surface pour les réinjecter dans les nappes afin de réduire les pertes dues à l'évaporation et de reconstituer les réserves souterraines en eau.
Les eaux usées sont maintenant réutilisées à différentes fins dans de nombreux pays, en particulier au Moyen-Orient, et il est probable que cette pratique se répande à l’avenir.
Ainsi la question essentielle à l'heure actuelle est: quelles eaux pour quels usages? En effet, l'eau non potable est utilisée partout dans le monde pour l'irrigation, le refroidissement industriel et beaucoup de questions sont soulevées concernant la nécessité d'une eau de qualité potable pour certains usages (alimentation des toilettes...). A l'inverse, certaines villes se tournent vers la réutilisation de l'eau pour compléter l'approvisionnement en eau potable.


sources :

Site du MEDDTL
Site du BRGM
Ressource en Eau, résumé du deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau (traduction © GreenFacts asbl/vzw)


Auteur du texte : Charlotte Mucig - CETE de l'Est – Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées de Nancy

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