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Résilience (HU)

De Wiklimat

Traduction anglaise : Resilience

mot en chantier

Dernière mise à jour : 26/05/2026

D'une façon générique, ce terme désigne la capacité d’un matériau, d'un dispositif, d’un organisme, d’une société, etc., à s’adapter à des perturbations majeures. En hydrologie urbaine et dans les domaines connexes, on a longtemps séparé deux formes de résilience :

  • la résilience des écosystèmes ;
  • la résilience des socio-systèmes et en particulier des systèmes urbains, principalement dans l'optique de la gestion du risque.

Comme les deux aspects sont fortement dépendants l'un de l'autre on les lie de plus en plus en parlant de résilience socio-écologique (Genin et Mazurek, 2016).

Éléments de définition et d'historique

C'est dans le domaine de l'écologie que le concept de résilience est apparu à la fin des années 1960 (Odum, 1969). Le concept de base consistait à établir un parallèle entre le caractère dynamique des écosystèmes et leur capacité à passer d'un état d'équilibre à un autre en réponse à une perturbation.

Ainsi, en écologie la résilience d’un écosystème caractérise sa capacité à faire face à des perturbations naturelles (par exemple très forte crue) ou anthropiques, qu'elles soient accidentelles (par exemple travaux ou pollution) ou tendancielles (changement climatique par exemple) (Chocat et al., 2013), en retrouvant un état stable, éventuellement différent de celui existant avant la perturbation (figure 1).


Figure 2 : En écologie, on distingue souvent la résilience réactive, lorsque l'écosystème revient dans le même état stable que celui précédant la perturbation et la résilience proactive lorsque la perturbation le conduit dans un état de stabilité différent ; Source : Genin et Mazurek (2016).

La résilience du milieu dépend à la fois de sa vulnérabilité et de sa capacité de récupération. La présence d'annexes hydrauliques augmente par exemple la résilience d'un cours d'eau en fournissant des zones refuges à différentes espèces en cas de crue forte ou de pollution. La résilience des écosystèmes est souvent étroitement liée à leur biodiversité.

Au début des années 2000, la notion de résilience a commencé à être utilisée dans le domaine de la gestion du risque, principalement pour passer d'une vision strictement technique (aléa et vulnérabilité) à une vision intégrant les comportements humains (Beck, 2001). Elle a dans un premier temps, et assez logiquement, été appliquée à la façon dont les sociétés récupéraient après une catastrophe naturelle, puis étendue à l'ensemble des perturbations.

Comme les systèmes socio-économiques sont clairement dépendants des systèmes écologiques qui leur assurent les services essentiels, il est assez rapidement apparu logique de lier les deux aspects et de parler de la résilience des systèmes socio-écologiques (Genin et Mazurek, 2016).

Comment définir la résilience d'un système socio-écologique ?

Il n'existe pas de définition claire, complète et unanimement acceptée de la résilience socio-écologique. Pour notre part, nous la définirons en lui associant quatre qualités qui peuvent être mobilisées de façon progressive dans le temps (figure 2) :

  • la robustesse : le système sera d'autant plus robuste qu'il continuera à fonctionner et à fournir un service malgré la perturbation ; une bonne robustesse suppose en particulier que la qualité du service fournie diminue de façon lente et si possible contrôlée (sans rupture majeure) lorsque l'intensité de la perturbation augmente ;
  • la l'adaptabilité : cette qualité mesure la capacité du système à assurer des fonctions minimales assurant sa propre sécurité et un niveau minimal de service en situation dégradée, c'est à dire entre le pic de la perturbation est le moment où la restauration des fonctions perdues peut se mettre en place ;
  • la flexibilité : la flexibilité évalue la capacité du système à se régénérer (éventuellement sous une forme différente, voir le point suivant) lorsque les effets de la perturbation sont terminés (cas d'une perturbation brutale - effet de choc) ou à se stabiliser lorsque les effets continuent à se manifester de façon chronique ; la flexibilité dépend à la fois du nombre de fonctions qui peuvent être récupérées et de la vitesse à laquelle cette récupération est possible ;
  • la transformabilité : il s'agit ici d'une adaptation de type darwinien permettant au système d'évoluer de façon à acquérir de nouvelles fonctions capables d'améliorer l'une ou l'autre (ou plusieurs) des trois qualités précédentes et donc d'améliorer sa capacité à résister à des crises ultérieures.


Figure 2 : La résilience des systèmes socio-écologiques repose sur 4 qualités : la robustesse (capacité à maintenir ses fonctions malgré la perturbation), l'adaptabilité (capacité à fonctionner dans des conditions dégradées), la flexibilité (capacité à récupérer les fonctionnalités perdues), la transformabilité (capacité à évoluer pour mieux résister aux perturbations futures) ; Source : Arthur Keller.

Comme dans le cas d'une chaine haute-fidélité, la résilience globale du système est celle du plus mauvais élément.

Bibliographie :

  • Beck, U. (2001) : La société du risque ; Sur la voie d'une autre modernité ; trad. de l’allemand par Bernardi, L. ; Paris, Aubier 521 p.
  • Chocat, B. (coordonnateur) et groupe de travail ASTEE/SHF (2013) : Ingénierie écologique appliquée aux milieux aquatiques : pourquoi ? comment ? Téléchargeable sur le site de l’ASTEE.
  • Genin, D., Mazurek, H. (2016) : La résilience des systèmes socio-écologiques : d’une intuition holiste à une difficile conceptualisation et mise en œuvre ; in : Ionescu, S. (Dir.) : Résiliences, ressemblances dans la diversité ; 2016 ; Odile Jacob ; Paris ; pp. 63-92 : disponible sur https://www.researchgate.net
  • Odum, E. P. (1969) : The strategy of ecosystem development ; Science n° 164 ; pp 262-270 ; disponible sur https://www.science.org/doi/10.1126/science.164.3877.262
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